Le Chaméléon

Restaurant Paris

C’est parti. Nous revoilà. Prêts à écumer les nouvelles adresses en vogue et les incontournables toujours d’actualité. Prêts à dénicher de nouvelles pépites. Prêts à tester les endroits bobos qui s’empilent toujours plus, et les moins-bobos-mais-plus-authentiques qui persistent. Prêts à enterrer les pseudo-place-to be. Prêts à bourlinguer d’assiettes en assiettes et à écumer les adresses. Back in the game. Diplômes en poche. Incisives sur les starting blocks, toutes cisailles dehors. A TABLE !

Par quoi on commence alors. Re-commence, plutôt. Sûrement pas par une énième adresse bobo. Le bobo, c’est presque has-been. Tellement commun, tellement attendu désormais qu’on sait déjà à quoi ça ressemble avant même d’avoir mis le pied dedans. Même recette de décor, même mélange d’inauthenticité, même saveur de ouh-c’est-quand-même-cher-pour-ce-que-c’est, même débarras d’inefficacité qui nous fait nous demander si les végétaux à la carte ça ne serait pas nous.

 

Le bobo ça fatigue. Ça demande à dépenser une curiosité dont on n’est jamais pleinement récompensés, puisque le résultat est toujours le même : des légumes anciens plutôt fades, des pailles à rayure en carton tout mou, du tutoiement à la pelle et des emballages qui fuient.  Le comble de l’irritation : les jus frais qu’on n’en peut plus d’attendre tant l’activité de manipulation d’une centrifugeuse semble rimer avec « records de lenteur gestuelle »,  tout ça pour boire un jus pas plus vitaminé que du Tropicana puisqu’après avoir poiroté trois heures les supposées vitamines ont bien eu le temps de cramer dans le gobelet plutôt que dans notre estomac. Le retour sur investissement, c’est pas terrible. Alors le bobo, c’est banni (pour l’instant).

 

 

On replonge dans le simple, sans fioritures, sans sympathie inauthentique à s’arracher les cheveux et sans pailles en carton avec lesquelles aspirer trois gouttes de boisson relève de l’exploit tant le carton s’empresse de boire avant nous. Sans arrière gout d’école de commerce ni de ah-non-on-ne-prend-pas-de-réservations. Alors pour ça, direction le Chaméléon. C’est pas bobo, c’est pas ringard, c’est juste bon. Une cuisine du marché pour laquelle il est impossible de savoir à l’avance le contenu de la carte, et pour laquelle on marche sans hésiter.

 

 

On s’installe en terrasse (parce que oui, en plus on peut réserver en terrasse, si si), et on trempe un orteil dans le bain des saveurs du jour. Le gaspacho de concombre-brocciu-vinaigrette-piquillos pique notre intérêt d’emblée. Le mélange est savoureux, léger, frais, et intelligemment arrangé. Le thon mi-cuit fait s’agiter nos fourchettes à un rythme allegro et nous entraîne allègrement vers le dessert qui, pour une fois, n’enlève rien au mérite du menu. Une soupe d’abricot au crumble et au sirop de romarin qui nous fait quitter le restaurant des abricots plein les yeux et des crouic-crouic de crumble croustillant plein les oreilles.

 

 

C’est bon, c’est frais, c’est simple sans être simplet et intelligemment arrangé. Alors on valide, sans chichis, et sans tergiverser. C’est vachement, pardon, vachamélé-bon !

Chaméléon restaurant, 70 rue René-Boulanger, 75010 Paris

L’addition : menu entrée-plat-dessert à 35 euros

2 réflexions sur “Le Chaméléon

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