Moonshiner

Bar à cocktails

C’est vrai qu’ils poussent vite, les bars à cocktails. De vrais champignons transgéniques. Hyper arrosés, sur une surface de plus en plus étendue. On ne sait même plus ou donner du panier : on cueille à droite à gauche, mais à peine notre dernier eumycète testé, un autre pointe le bout de son chapeau. A tel point que notre corbeille, elle risque de déborder. Alors on les boulotte, toutes ces adresses. On devient des gloutons du cocktail. Des goulus de la mixologie. Des mixomanes.

the wanderer

Excitation volubile. Autant dire que la culture intensive du verre à pied réinventée, on y adhère. Y compris au nouvel allèle en vogue, qui code pour le caractère si-c’est-caché-c’est-encore-mieux. Avec la séquence nucléotidique de l’année, qui s’arrange pour garder l’endroit bruyamment secret. Après tout c’est bien le but. Plus ça risque de nous échapper, plus on a envie d’y aller, comme toujours. Et comme tout le monde, on mord à l’hameçon. Mais tout de même, on aime bien.

the wanderer

Familiarité excessive. Bon, la première fois, on n’est pas tout à fait à l’aise. On se sent à la fois idiot et émoustillé, surtout au moment d’ouvrir la porte de la chambre froide. On a presque envie de glisser aux clients de la pizzeria que non, on ne va pas piquer de jambons. Car pour accéder à l’antichambre du Moonshiner, il nous faut, très candidement, traverser une pizzeria. Toute petite, d’accord, mais on a le temps de perdre toute crédibilité.

the wanderer

Agitation psycho-motrice. On tourne frénétiquement les yeux dans tous les sens. Oui, le décor nous plaît bien. Un peu Mad Men, un peu bar clandestin type dry state fermement réglementé. Avec des Moonrakers aux commandes, chefs d’une tribu de précieuses bouteilles, distillant leurs gracieux mélanges avec rigueur et savoir-faire.

the wanderer

Hyperthymie expansive.  La première gorgée de notre joli cocktail nous enthousiasme. La deuxième, et c’est l’euphorie. Notre doctrine du jour ? Le sensationnisme. Mais oui. De nos boissons jaillissent une jungle d’émotions nécessaires à la pousse de nos réflexions. Je vous jure. Il faut nous arroser de cocktails pour aligner deux idées.

the wanderer

Hyperesthésie affective. On désespère de ne pas voir rappliquer de serveur barbu au look milimétriquement négligé (souvent typique il faut bien le dire). Pour faire la navette entre nous et l’oreille du barman. On rouspète de ne pas pouvoir paresser douillettement dans nos fauteuils en attendant d’être servis. On tape sur le concept du cockail-statue. Car on peut l’admirer de loin, mais si on en veut un il faut se déplacer, le commander, attendre qu’il soit prêt, et le rapporter. Enfin tout de même. Il faut tout faire, ici.

the wanderer

Humeur versatile. Une gorgée et c’est oublié. Faire trois pas et attendre cinq minutes, ce n’est pas si compliqué. En puisqu’on poirote un peu, on peut se permettre de scruter la méthode de préparation. De détailler les bouteilles « d’extrait de » au charme désuet. De prendre un ou deux instantanés, même. Je ne vois vraiment pas de quoi on se plaint !

the wanderer

La tachypsychie déclenchée par la lecture de la carte, on la connaît maintenant. La logorrhée de fond de verre aussi. Et l’exubérance débordante suivant la découverte de nos cocktails, on en raffole. On est enjoués, exaltés, survoltés, et ça ne nous désarçonne même plus. Mixo-manes, je vous l’avais bien dit !

Moonshiner, 5 Rue Sedaine, 75011 Paris

L’addition : cocktails entre 9 et 14 euros

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Nathalie dit :

    She’s maniac !
    ça donne envie d’y aller !

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