Ballroom

Bar à cocktails

Un swing des cocktails. Sans faux-pas. Ou devrais-je dire sans fausses-mesures. Car ici, pas d’erreur de rythme, pas d’erreur de doses. Des mixologues et des vrais. Sympas, en plus. Qui donnent envie de rester, et de revenir. Mais avant tout, il s’agit de les dénicher…

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Pas d’enseigne évidemment. Une entrée incognito (ou presque), coincée entre deux ténors de la rue Jean-Jacques Rousseau. Une large porte noire entrouverte, étranglée entre le Beef Club et le Fish Club, un escalier plongé dans la pénombre, la lumière dansante de quelques bougies disposées sur les marches…on se doute que c’est par là. On empoigne la rambarde, et on plonge dans le mystère.

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Arrivés en bas de l’escalier (sains et saufs, ouf!), on continue tout droit et on pousse un pan de mur un peu cracra. Et ça y est, on y est. Le périple aura été de courte durée, mais il nous aura plu. Car ce mur peu avenant, il cache un repère bien douillet. Avec ses larges fauteuils vieillots, son vieux parquet qui craque, ses murs tout de brique vêtus, ses boiseries, ses tapisseries harmonieusement chargées, tout ça orchestré par un clair-obscur des plus réussis. Alors on n’hésite pas trop longtemps, on se hisse dans la bulle, et on s’y prélasse un bon moment.

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Doucement bercés par des mesures chaloupées, on se laisse enrober par nos philtres. Peut-être même un peu trop. A tel point que la chaloupe, à la fin, c’est nous. On reste tout de même suffisamment bienséants pour ne pas reproduire du Philibert Aspairt tout craché. Car nous, on n’a pas l’intention de voler de chartreuse, et encore moins de finir desséchés dans les catacombes.

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Nous ne sommes pas cataphiles, d’ailleurs, et ça tombe bien. Pas question de se balader dans les égouts de Paris by night, on ne voudrait pas croiser un animal inopiné. On a beau avoir un coup dans le nez, le crocodile du Nil déniché au Pont Neuf dans les années 80, on ne l’a pas inventé. Pas plus que le Python de quarante kilos repêché dans la Seine il y a quelques mois. Tremper un orteil pour se rafraîchir les idées, c’est donc complètement exclu. On garde la tête froide malgré tout, et on se redresse avant de ressembler de trop près à la tour de Pise.

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Car les cocktails, ils nous font de l’effet. On en sirote un, et comme on meurt d’envie d’en goûter un autre, alors pour une fois on enchaîne sans sourciller. Il faut dire que le premier (Bee-Ki) est un poil trop girly à mon goût. Doucement enivrant bien entendu, mais un peu à court de charisme. Le deuxième en revanche (Concombre Fumant) m’assomme de délices. Tout ce que j’aime : un peu de piment, une touche d’amertume, un brin râpeux sur la langue, avec cette fraîcheur qui me fait basculer dans la description un peu trop vécue de chacune de mes gorgées .

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Un bal des saveurs, donc. Même les champagnes sont élégamment sélectionnés. Et c’est sans rire, en plus. Jacquesson, Bollinger et Billecart Salmon se disputent courtoisement un petit rectangle de la carte. Chic et chouette. Alors à la fin de la danse, on s’éclipse, mais bien malgré nous. Sans oublier de jeter un petit coup d’œil à notre barman préféré. Et de lui tirer notre chapeau !

Ballroom, 58 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris

L’addition : cocktails entre 13 et 14 euros

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