Curio Parlor

Bar à cocktails

Brrr. On frissonne avant même de pousser la porte. Une rue trop calme, un raton empaillé gardant sinistrement l’entrée derrière une vitre un peu opacifiée, deux faibles lueurs vacillantes révélant une peinture ayant un peu trop souffert….On sent nos poils se dresser. A quel bitter va t-on être achevés ?

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Pas un son ne s’échappe du cabinet. Même pas un cri victorieux de raton laveur, fébrile à l’idée de tremper sa proie dans un cocktail avant de la croquer. Car la sempiternelle eau douce, merci bien. Un petit morceau de chair arrosée de ginger beer et infusée à l’eucalyptus, il en est quand même plus friand.

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On prend une grande inspiration. Trêve de plaisanteries. La leçon d’anatomie du Dr Tulp, ça n’est pas encore pour ce soir, ou alors sans nous sur la table de dissection. Et si l’Hydre de Lerne garde jalousement les bouteilles, on le délogera sans façons. Même si un petit poisson adhésif nous arrête en pleine course. Rémora ou pas, on l’aura notre cocktail. Et si on aperçoit un morceau de pierre de lave de la montagne Pelée, on prendra garde de ne pas y toucher. On va finir par entrer, oui ou non ?

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Finalement, point de taxidermie démesurément envahissante. Un paon veille à la juste réalisation des boissons, et encore, de loin. Même pas un petit oiseau de paradis pour doser les épices. Même pas un dodo ventripotent pour se promener nonchalamment sur le comptoir. On finit par comprendre que les curiosités, en fait, ce sont les cocktails. Le sang de dragon séché sur le plancher ou la momie accoudée au bar, on ne s’y frottera pas. Ouf, on angoissait un peu trop.

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Passés ces frissons initiaux, on s’installe dans la chambre des merveilles des cocktails. On en pince pour la carte, joliment dessinée, avant d’en pincer pour nos singuliers nectars. Car on succombe à leurs notes curieuses en un éclair. Une gorgée et on en devient mordus, de leurs potions. Elles grignotent fébrilement nos maigres hésitations initiales. On les glougloute avec entrain. Un peu trop, même. A tel point qu’au moment de partir, on le voit, le tatou timide dissimulé derrière un rideau ! Il nous gratifie même d’un signe de patte. Mais enfin, je vous jure !

Curio Parlor, 16 Rue des Bernardins, 75005 Paris

L’addition : cocktails environ 13 ou 14 euros

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