George V

Bar de l’hôtel George V

Direction le QG du cousin de l’empereur Guillaume II d’Allemagne. Au George V, on renoue avec la tradition.On plonge à pieds joints dans un bain de faste savamment entretenu. Tradition my dear. That’s all that matters.

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Un conservatoire de l’art du service. Plongez dans un épisode de Downton Abbey, et vous y êtes. Chacun joue comme il faut le rôle qui lui est attribué. Sans un geste de travers. Les bonnes manières transpirent de cette ruche d’employés. Jusqu’au portier, qui a le tact de faire abstraction de mon vieux parapluie Monop’ aux baleines tordues, et nous rafraîchit d’un « Bonsoir Monsieur, Bonsoir Madame », sans oublier le respectueux mouvement de tête qui va avec. Après tout, peu importe l’épaisseur de notre porte-monnaie, une fois la porte franchie, on se fait bichonner à souhait. Sous réserve toutefois de ne pas avoir l’air de sortir d’une bouche d’égout et de pousser un caddie devant soi.

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Évidemment, il suffit d’un coup d’œil autour de nous pour deviner le caractère replet des comptes en banque des clients. On assiste au défilé des bouteilles de Ruinart. A la valse des cartes Gold flambant au rythme vertigineux des coupes de Cristal Roederer s’échappant des mains des serveurs. Installés au bar, on essaie de scruter discrètement l’endroit, tout de boiseries vêtu. D’épais rideaux de velours et de douces lumières voilées entretiennent le mystère. Des canapés moelleux aux gravures habillant les murs, en passant par les larges fauteuils rebondis et les bibliothèques garnies de vieux bouquins imparfaitement disposés, on se sent presque comme chez soi. Un coup de coude de mon acolyte me rappelle à l’ordre. Bon, d’accord, nous sommes néophytes, et nous sommes grillés !

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Passons plutôt commande. Une pétillante limonade faite maison attire notre sympathie. Il faut dire aussi qu’en attendant d’avoir un chéquier gonflé à l’hélium, on préfère faire l’impasse sur les cocktails à 50 euros pièce. Et aussi parce qu’un Bloody Mary à 50 euros, même si on paie le service et le décor, ce n’est pas raisonnable. On veut bien jouer la démesure, mais une gorgée de vodka tomatée à 5 euros, on s’y refuse. On opte pour un vieux mélange à succès un peu plus abordable.

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Qui nous enchante, du reste. A tel point que mon vieux compagnon à pois des jours pluvieux décide de rester, et nous regarde partir sans même lever une baleine en guise de protestation. Quelques gouttes rinçant le bout du nez nous rappellent quelques heures plus tard notre malencontreux oubli. Mille fois oublié, mille fois retrouvé, mon parapluie tordu de pacotille risquait toutefois fort de finir ses jours au fond d’une poubelle du George V. Mais une digne voiture-balai veillant à l’uniformité du décor l’a consciencieusement ramassé. Pire, mis de côté. J’ai beau vouloir, sans le vouloir, m’en débarrasser, même au George V on me le rend ! Alors on le récupère, mais on ne tentera pas le diable en ouvrant ce parapluie à l’intérieur de l’édifice. Car pour l’instant, même si tout est chiquissime, on s’y sent bien. Et on ne voudrait pas que ça change !

George V (Four Seasons Hotel ), 31 Avenue George V, 75008 Paris

L’addition : 2 limonades = 30 euros

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