Roger La Grenouille

Escargots Paris

On les entend presque coasser avant de passer sur le gril. La carte en est pleine, l’intitulé le laisse présager….la cuisse du grenouille est la star de la soirée. Ses courbures parfaites brillent sous le feu des projecteurs. Quelques flexions-extensions supplémentaires avant de suer sous les gousses d’ail et les branches de persil, et les voilà prêtes à atterrir sous nos molaires. French cliché vous avez-dit ?

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La salle vieillotte mise tout sur le côté Paris désuet. Vielles publicités et vieux dessins voisinent avec cuves et marmites cuivrées. Un antique moulin à purée côtoie d’anciennes plaques d’intitulés de rues. Pour un peu on se demande si ils ont installé une ventilation ou si ils ont choisi de cuisiner à l’ancienne : on s’attend presque à voir s’échapper des jets de vapeur des cuisines.

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On commence par des escargots, et on enchaîne par des cuisses de grenouilles, histoire de bien assurer notre réputation forgée outre-manche de mangeurs de limaces. Escargots puis grenouilles, what-a-shame. Disgusting ? Pas si sûr ! La collection Ail et Persil hiver 2013 habille l’entrée comme le plat. Persil version beurre et version jus. Déclinaisons de saison, pour ainsi dire.

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Le plat arrive, et me transporte des années en arrière. Je me revois attablée auprès de mes grands-parents, prête à dévorer une montagne de petites cuisses musclées persillées. Retour immédiat à la réalité : pas de montagne ce coup ci. Pas même de petit vallon. Un monticule de riz, mais pas de tertre de grenouilles. Les cuisses sont bien cuisinées, mais en ce qui concerne la garniture, aÏe…Le riz blanc Taureau Ailé même pas retravaillé, ils auraient pu éviter. On ne vient pas au restaurant pour avaler la réplique parfaite du riz cuit vite fait à la maison quand on n’a pas le temps de préparer le repas.

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Le dessert est honnête mais pas renversant. Le moelleux au chocolat sort sûrement d’un carton Picard, mais la glace à la menthe est plutôt réussie. Pas de goût industriel de dentifrice, mais pas de saveur de menthe fraîchement cueillie non plus. Le riz au lait est un peu trop gluant mais s’en sort dignement.

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Pas de prouesses culinaires donc, et plusieurs étapes à franchir encore. Et c’est bien dommage, car ce semblant de refuge à touristes nous plaît plutôt bien. Échoppe à touristes ou repaire suranné, on se sait sur quel pied danser. Le pain est mal sélectionné, et la carte traduite en anglais. On penche donc plutôt pour le repaire à touristes plutôt réussi. Il ne nous reste plus qu’à enfoncer un béret sur nos crânes réchauffés, et la boucle du cliché est bouclée !

Roger la Grenouille, 28 Rue des Grands Augustins, 75006 Paris

L’addition : entrée + plat + dessert + une demi-bouteille de vin = 55 euros par personne

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