La Gazzetta

Restaurant Paris

Encensé par le guide du Fooding, Petter Nilsson, chef scandinave du lieu, n’a pas vraiment remué de sentiments chez moi si ce n’est celui de lassitude et de déconvenue. Mes connexions nerveuses ne se sont pas embrasées à la dégustation de chaque étape du menu. Après un court moment d’excitation à la vue de chaque plat, ça dégringole à la première bouchée. A la dernière, on se dit que le plat suivant sera plus inspiré. J’espère, j’attends, j’y crois un court instant, et puis je finis par hausser les sourcils de désappointement. Elles sont joliment présentées, les compositions de Petter Nilsson. Sauf qu’une fois la fourchette mise en bouche, on se dit que c’est charmant à regarder, mais ça s’arrête là. C’est lassant. D’autant plus que de l’entrée au dessert, le menu emprunte une pente dangereusement glissante, pour terminer en bas des pistes, avec des remontées mécaniques clairement en panne.

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Le mélange des genres est déjà étonnant : un restaurant nommé « la gazette » version italienne, par un chef scandinave, avec un décor ni scandinave ni italien, frisant le décor de restaurants giga-size pour touristes en mal de mètres carrés américains. Le service est heureusement très agréable.

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On débute par un yaourt de panais et raifort accompagnant une pizza poires-romarin, et ça ne commence pas très bien. Des morceaux quasi-inexistants de poire habillent une pâte hyper sèche. Mais conditionnés par l’article adulateur du Fooding, on se dit que « l’une des tables les plus gracieuses de l’est parisien » a bien autre chose à nous offrir que cela. Le démarrage est laborieux, mais on espère se trouver face à un moteur diesel, prêt à rugir et à nous renverser au passage. On poursuit avec un « épeautre-otto » (comprenez « risotto à l’épeautre ») au cresson. Le jeu de mot est vraiment bien trouvé, et ravive mes espoirs. Verdict : bon, mais pas ébouriffant du tout. Néanmoins (et heureusement ) plusieurs crans au dessus de l’apéritif. Le riz d’agneau rôti aux navets et amandes a été pour sa part très apprécié.

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Chaque plat donne pourtant l’impression d’une difficile lutte pour gravir les échelons de la cuisine fine et inspirée. Et la lutte s’avère ardue. Le plat se révèle très moyen, le dessert frôle la cruelle déception. Mes salsifis fumés, trompettes et chou m’ont laissée de marbre. Pire, une fois mes couverts reposés, j’ai la désagréable impression d’avoir avalé une plaque de ciment. La présentation reste toutefois plutôt ravissante, et rattrape la désagréable impression de panne d’essence du chef cuisinier.

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Sévère panne d’essence. En quoi une tarte aux poires (encore !) sèche et caoutchouteuse, un ersatz de panna cotta au jasmin et un sorbet au cacao penchant vers la glace pilée insipide, « repoussent les limites de la figure imposée », il faudra me l’expliquer. Si on avait laissé fondre le sorbet, on se serait retrouvés avec un verre d’eau pas plus parfumé que l’eau coulant de notre pommeau de douche.

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A la fin du repas, j’ai l’impression d’avoir construit un véritable édifice au sein de mon estomac, tant la sensation d’avoir englouti un amas briques me tourmente. Ce n’était pas mauvais. Mais lourd, lourd, et de moins en moins fin. La Gazzetta serait-elle en déroute ? Une chose est sûre, la déconfiture, ça la dessert !

La Gazzetta, 29 Rue de Cotte, 75012 Paris

L’addition : menu soir = 39 euros

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